mardi 17 octobre 2017

Le Sanctuaire de l'Homme-lion - II


L'an prochain j'accompagnerai
un voyage en Inde du Sud.
(pour voir le programme, cliquer sur ce lien)
Le fil directeur sera le yoga de l'Homme-lion (Nara-simha).
De quoi s'agit-il ?

Jadis, un démon avait obtenu un don surnaturel de Vishnou :
Il ne pourrait mourir ni de la main d'un homme, ni de celle d'un animal, ni le jour ni la nuit, ni dehors ni dedans, ni sur terre ni au ciel.
Sous son règne, les démons prospéraient, tant et si bien que leur poids menaçait d'engloutir la Terre.
Vishnou s'incarna donc sous la forme de l'homme-lion. il s'empara du roi des démons sur le seuil de son palais, au crépuscule, le souleva entre ciel et terre, et le réduit en pièces.

Que vient faire le yoga dans cette fable ?

Le démon est l'ego. Disons, la somme de nos désirs de perfection, le fantasme de vouloir enfermer l'infini dans le fini, de vouloir mettre l'espace en boîte, incarné dans les couples de contraires, dans l'attraction et la peur, l'inpir et l'expir, goûts et dégoûts...

L'homme-lion est ce qui se révèle dans l'intervalle entre l'expir et l'inspir, entre deux pensée, deux histoires, deux tranches de rêve, deux alternatives...

Il incarne le yoga, l'unité naturelle qui réconcilie ces grands ennemis : unité et dualité, Dieu et le Diable, et ainsi de suite...

Sur cette statue de l'Homme-lion, 
notez la ceinture de yoga
instrument traditionnel de l'exploration de l'espace.

vendredi 13 octobre 2017

Vide et plénitude

On oppose souvent vide et plénitude.
Mais le vide est plénitude.
Vide de vaines paroles,
plein de Verbe.
Vide de peurs,
plein de foi.
Vide de soi,
plein du Soi.
Vide d'illusions,
plein de réalité.


Plus concrètement, le vide désigne le silence intérieur, une sorte de sensation 
de transparence, de pure, d'extrême sensibilité, d'écoute
de ce qui se dit dans ce silence.
La plénitude, c'est justement "ce qui se dit" dans ce silence,
le désir, l'élan, l'énergie, comme un courant... 
on pourrait multiplier les métaphores à l'infini.
Entre les deux, une relation dynamique. Ils se complètent, d'appellent
et s'approfondissent mutuellement.
En contexte shaïva, on parlera de la relation entre
Shiva et Shakti, ainsi qu'avec l'individu (anu en sanskrit).
Le vide est ressenti comme énergie,
l'énergie s'affine,
de plus en plus diaphane. 
Aussi, le silence prépare à la plénitude.
Ou plutôt, il la révèle,
comme une image apparaît
sur une plaque photographique,
ou comme un silence révèle un bruit.

Un moine le dit très bien :

Plénitude et pureté, tels sont les deux aspects de la grâce, et ils se retrouvent tout au long de sa croissance dans l'âme qu'elle anime d'une vie nouvelle, la comblant d'une paix, d'une joie toujours plus profonde, plus assurée, mais plus pure aussi, plus secrète, et qui suppose un dépouillement intérieur de plus en plus total. Tantôt, sans doute, l'action purifiante de la grâce semblera dominer, tantôt au contraire l'âme aura davantage conscience des richesses qu'elle reçoit, mais les deux ne se peuvent séparer : la grâce ne saurait se faire plus profonde sans devenir en même temps plus pure, plus parfaitement simple.

Dom George Lefèbvre, Prière pure et pureté du cœur

Vous pouvez lire l'ensemble de ce très beau texte
Avec, en plus, les annotations de Lilian Silburn,
qui a, semble-t-il, été profondément marquée
par ce passage, auquel elle fait sans doute écho
dans les premiers mots de son célèbre essai
sur la vie intérieure "Le vide, le rien, l'abîme" :

L'expérience spirituelle est bien plus une expérience de plénitude qu'une expérience de vide ; pourtant l'une n'est pas possible sans l'autre, la vie mystique étant constituée par une alternance ininterrompue de vides et de pleins s'approfondissant de concert.

jeudi 12 octobre 2017

Par le pouvoir d'un simple regard

Regarder de plus près le problème,
c'est parfois voir qu'il n'y a pas vraiment de problème :

yathā rajjvāṃ bhujaṅgābhā vinaśyatyeva vīkṣaṇāt | 
saṃvinmātravivartena naśyatyeva hi saṃsṛtiḥ || 20 ||


Quand on regarde de près la corde,
l'illusion du serpent disparaît.
De même,
quand la conscience se retourne sur elle-même
en sa simplicité,
la ronde des souffrances disparaît.


Le Yoga selon Vasishta, Livre de la création, 60, 20

NB : je traduis "vivarta" par "retournement", 
suivant le commentaire qui dit 
"le retournement de la pure conscience veut dire 'par une inversion (parâvrittyâ), avec le regard tourné vers soi-même (pratyangmukhatayâ, "vers notre propre visage"), voir notre être (svatattvadarshanam)'".

mardi 10 octobre 2017

Le Sanctuaire de l'Homme-lion - I

Voici l'un des temples de Melkote.
Situé à soixante kilomètres au Nord de Mysore,
dans le Sud de l'Inde,
cette petite cité est perchée sur un vaste rocher.

On peut y vivre deux choses
simultanément :
l'immersion dans des dizaines de reliques de temples et bassins sacrés,
et la proximité avec nature,
la campagne tropicale du Sud.
Rare privilège...

Melkote est le sanctuaire de la tradition Srî Vaïshnava,
la tradition des fondateurs de l'Ashtanga Yoga.
C'est un de mes endroits préférés en Inde du Sud.
J'y a médité plusieurs semaines, 
dans la fraîcheur et dans l'ambiance
d'un lieu préservé qui invite à l'immensité intérieure.

J'y accompagnerais un petit groupe en mars 2018
pour un voyage organisé par Routes du Monde
dans le Sud de l'Inde.

J'y reviendrai dans les semaines 
à venir.

Le programme :



dimanche 8 octobre 2017

L'éveil ?

Qu'est-ce que l'éveil ?
Une carotte spirituelle ?
Un idéal humiliant ?
Une évidence ?

Je ne sais pas.

J'ai seulement découvert deux trésors :

Le silence
La vibration 

Bon, ce ne sont que des mots.
Et j'ai bien du mal à partager ainsi.
Ou autrement, d'ailleurs.

Finalement, que sais-je ?
Rien.

Cette fin est un commencement,
une naissance de chaque instant.

Rien de mystérieux.
Juste un silence.
Et une sorte de coulée d'amour,
au centre, toujours disponible et...
Et voilà tout.



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